Historique

Tout d’abord, mentionnons quelques anecdotes à propos de l’origine du nom de la rivière Batiscan. Cette appellation lui aurait été donnée par Champlain (1603) en l’honneur d’un grand chef indien de l’époque. En montagnais, Batiscan signifierait « vapeur » ou « nuée légère ». Une seigneurie du même nom se trouvait également à l’embouchure de la rivière et aurait été concédée aux Jésuites en 1639.

Le territoire municipal fut colonisé vers 1870 et chevauchait à l’époque les cantons de Chavigny (rive Nord de la Batiscan) et de Montauban (rive Sud de la rivière). En 1871, un premier pont de bois enjambant la rivière Batiscan fut érigé. L’année suivante, le missionnaire-colonisateur Narcisse Bellenger nomma la communauté naissante la « colonie de Notre-Dame de la Batiscan » et fit construire l’établissement Bellenger ainsi qu’une grange à deux étages qui servaient respectivement d’accueil aux colons et d’entrepôt. C’est également en 1872 que le moulin à scie Bellenger-Goulet fut mis en place; à ce moment, la colonie comptait déjà 83 défricheurs actifs ainsi que cinq familles de résidents permanents. Pour répondre aux besoins de la population, une salle communautaire fut bâtie dès l’année suivante et devint une école par la suite.

En 1877, la colonie fut renommée Notre-Dame-des-Anges de la rivière Batiscan lors de l’inauguration de la première chapelle, qui sera incendiée vingt ans plus tard. En 1879, la communauté changea à nouveau de nom lors de son érection canonique, pour devenir la paroisse de Notre-Dame-des-Anges de Montauban. C’est à partir de cette date que l’on commémorera le centième anniversaire de la municipalité. En 1880, le moulin à farine Bellenger-Goulet fut mis en place en collaboration avec le frère de Narcisse Bellenger, François-Xavier. Tous deux contribuèrent grandement au développement de la municipalité. Deux ans plus tard, le manque d’espace nécessita la construction d’une deuxième chapelle. Puis, l’érection civile de la paroisse en corporation municipale eut lieu en 1883.

L’inauguration de la voie ferrée se déroula en 1897, soit deux ans avant la séparation du territoire de Lac-aux-Sables de celui de la municipalité de Notre-Dame-des-Anges de Montauban. Puis il y eut la construction du pont de fer en 1909, au même emplacement que le premier pont qui avait été reconstruit et rénové à quelques reprises. La même année, la seconde église de style roman fut bâtie, réplique semblable à celle incendié l’année précédente.

Une dissociation du canton Montauban en 1919 entraîna la formation des Corporations municipales du Village de Notre-Dame-des-Anges et de Montauban-les-Mines, d’où les deux secteurs de la municipalité encore présents aujourd’hui. Puis en 1969, le village et la paroisse de Notre-Dame-des-Anges de Montauban se fusionnèrent en une seule corporation municipale, soit Notre-Dame-des-Anges. La suite logique qui forma la municipalité telle qu’elle est maintenant eut lieu en 1976 et consista en l’union des Corporations municipales de Notre-Dame-des-Anges et de Montauban-les-Mines, pour devenir la Corporation municipale de Notre-Dame-de-Montauban.

Au point de vue économique, l’exploitation forestière aura été l’activité commerciale et industrielle ayant le plus contribué au développement de la municipalité. Bien sûr, au temps de la colonisation, il y eut le développement de l’agriculture qui glissa par la suite vers la production laitière, ainsi que l’expansion des industries liées aux denrées alimentaires, au cuir, aux chaussures et aux textiles. Puis, dans la première partie du XXe siècle, il y eut aussi l’exploitation des gisements de minerai du sous-sol, tels l’or, l’argent, le zinc et le plomb, qui connut ses années de prospérité entre 1948 et 1954 ainsi que dans les années 1980, avant de fermer ses portes. Quoi qu’il en soit, c’est l’industrie du bois qui a été pendant longtemps le principal stabilisateur économique de la municipalité.

Les dernières décennies ont été particulièrement fructueuses pour la petite municipalité, sous l’égide du maire M. Jules Paquin. Le vieux couvent, démoli en 1979, fut remplacé par l’école primaire en 1980 et la caserne de pompiers fut construite cette même année. Le bureau municipal put élire domicile dans l’ancienne école dès 1981. Puis, le centre sportif (aréna), le H.L.M. ainsi que le pont actuel furent inaugurés en 1983, ce dernier se trouve d’ailleurs au même emplacement que l’était le premier pont de bois. De plus, un réseau d’aqueduc dessert le secteur Montauban depuis 1982 et le secteur Notre-Dame depuis 1994.

Ce bref résumé du cheminement de la municipalité depuis le tout début de son développement fait songer à de sages paroles prononcées par un vieil homme ayant autrefois habité la municipalité : « Le progrès continu appartient à ceux qui se lèvent et font chaque jour quelques pas vers le but poursuivi… ». (M. Georges Bertrand, doyen d’âge de la municipalité lors du Centenaire en 1979).

Référence : Chateauvert F. et Bertrand J., Notre-Dame-de-Montauban a cent ans:1879-1979, Éditions du Centenaire, 1979.